(sous réserve)

 

 

Petit retour sur une nuit, de nouveau, glaciale mais à laquelle, somme toute, on finit par s’habituer…enfin certains.

En ce samedi 23 février il est de nouveau, très tôt quand Jean Pierre Berthet nous prodigue les conseils du jour. «Faites très attention à votre étalonnage afin que la mesure de vos distances soit toujours précise et conforme à la réalité. N’oubliez pas que c’est à partir de 2 heures après votre horaire de départ que démarre la comptabilisation des pénalités »

 

Jean Pierre est satisfait. En effet, le nombre d’assistance véhicule est très faible sur cette cuvée 2013 du Students Challenge. Et l’info est loin d’être négligeable car, aujourd’hui, ce sera du sable. Un terrain potentiellement très instable sur lequel on reste coincé très facilement. Ce sera le désert. Ce seul mot ouvre la porte aux délires les plus débridés

 

On sent la joie, l’impatience, l’excitation et une certaine appréhension qui s’emparent de tous pour cette épreuve particulière constituée de deux parties :

La première en road book jusqu’aux CP puis, particularité du Students Challenge, marche dans les dunes pour aller chercher la suite du parcours.

La seconde en navigation exclusivement à la carte.

 

Dès la sortie du brief, le Top départ de la troisième étape est donné !

 

Pendant que le pointeur s’affaire et check les équipages, les uns après les autres, le majestueux erg Chebbi défie notre journée balbutiante en exhibant un de ses flancs dont les premiers rayons de soleil contrastent les formes oblongues. Nous narguerait-il déjà ?...Les voitures s’élancent comme une sorte de rituel quotidien merveilleux. Le parcours commence par un paysage lunaire au sol rectiligne et dur, parsemé, par ci, par là, de regs. Nous laissons sur le coté des maisons isolées à l’architecture typique du sud, en pisé.

 

Comme chaque jour, le flot des voitures s’est disloqué et les groupes, désormais solides et soudés, s’accompagnent avec une fidélité exemplaire.

Nous arrivons vite à ce qui semble déjà être le triangle des Bermudes de la journée…

Un difficile passage très sablonneux où le spectacle dépasse l’entendement. Un nombre incroyable de voiture sont coincées dans le sable et tous volent aux secours les uns des autres.

Chacun sort ses sangles, ses plaques de désensablement, ses pelles…

On sangle, on ajuste, on pousse, on tire, on peine pour sortir de l’impasse. Le sable vole haut dans le ciel, projeté par les tentatives désespérées des roues pour se désincarcérer. On appelle cela être tanké.

Malgré tout, les rires planent sur la zone. C’est une vision de fou !

 

Pour notre part on s’ensable plusieur fois durant la journée. D’autres plus anciens, plus connaisseurs survolent l’épreuve avec juste un ou deux arrêts forcés. La journée est déjà bien chaude.

 

Il est l’heure de déjeuner et nous installons une nappe dans les dunes ; le temps d’un rapide repas et il faut déjà penser à replier bagages en s’assurant de ne rien laisser derrière nous.

 

Il faut maintenant se diriger vers la grande dune à mi sommet de laquelle a été placé le prochain CP. Pour y parvenir, il faut laisser sa voiture en contrebas et affronter les flancs fuyants du gigantesque monticule. Il nous faut un bon quart d’heure pour y arriver. Il y en a qui font les fous, et redescendent cul par-dessus tête. Bientôt le vent se lève et c’est une tempête de vent de sable qui se déclare. Tout est dans le brouillard. Sous la colère du vent, le sable cingle, nous fouette le visage et les bras et tous se précipitent vers les véhicules pour échapper à ce massage violent.

 

Commence alors la deuxième partie : la navigation à la carte et c’est dans un paysage irréel nous nous appliquons à respecter les instructions afin de regagner notre bivouac.

 

A la fin de cette journée nous sommes classés 43 ème sur 69 avec 481 points de pénalités ; et en cumulé nous sommes 55ème avec 688 points de pénalités. L’important est de participer. Non ?

 

Ce soir, bien que fourbus par cette journée, nous savourons encore cette extraordinaire journée. Une nouvelle nuit glaciale nous enveloppe mais la fatigue a raison de nous.