(sous réserve)

 

 

On nous l’avait dit, on s’y attendait mais tout de même il fait très froid sous une simple tente rapide et malgré les sacs de couchage prévus pour résister à zéro degré, il a fallut redoubler d’astuces pour ne pas grelotter sous le zéro Celsius de la nuit dernière.

Il nous a fallut un certain temps pour nous réchauffer sous les premiers rayons du soleil.

 

Avant le brief quotidien fixé à 7h30, pour que les premiers départs puissent avoir lieu à 8h, il faut replier rapidement les tentes.

Certains s’en sortent plutôt bien mais d’autres galèrent. Heureusement que Paul l’utilise régulièrement car il n’a aucune difficulté pour ce genre d’exercice et du coup va montrer la technique qu’il maîtrise au mieux. A l’énervement succède donc la bonne humeur tandis que s’installe peu à peu la chaleur

 

Nous ne savons pas encore à quel point cette journée va être palpitante, richissime, virevoltante.

On nous annonce que ce sera de la piste, caillouteuse et sablonneuse. Pas très parlant mais nous allons vite comprendre…

Quand les premiers équipages se présentent, la totalité des fugaces habitants du camping se presse pour admirer la parade vrombissante des voitures. Le coup d’envoi est lancé. Tout schuss ! C’est parti !

 

A peine la gomme des pneus a t’elle tutoyé l’asphalte qu’elle la quitte déjà pour s’enfoncer sur la piste semblant déboucher droit dans l’horizon.

Et comme la nature a horreur de l’ordre, c’est un ballet mécanique étourdissant et disparate qui commence.

 

Certains sont très à l’aise et semblent littéralement voler dans les airs tandis que d’autres comme nous demeurent plus prudents.

 

Aujourd’hui, la spéciale a démarré au sortir du bivouac.

Les groupes se précisent, les pelotons se détachent. Chacun son rythme, chacun ses problématiques. Le mental s’aguerrit au fur et à mesure des journées.

 

Les somptueux paysages, se laissent admirer à ceux qui savent contempler.

 

A chacun son raid, à chacun sa part de bonheur. Tous inventent la vie qui leur va bien…

Nous n’avons pas de velléité sur la victoire, nous profitons à fond de chaque instant du Students Challenge

 

Nous voilà arrivés au CP numéro 3 (check point pour ceux qui n’auraient pas suivi…).

Pause, la nature est là, flamboyante et lumineuse, le soleil brille bien haut dans le ciel.

 

C’est le soulagement d’avoir terminé une étape sans soucis enfin par pour tous : l’équipage 188 est préoccupé par un manque de couple qui les freine dans leur progression et panique à bord pour le 117 qui a perdu son e-bouton (sésame du point de contrôle) ; malgré l’aide de 8 personnes le e-bouton restera introuvable mais ils auront gagné un rangement complet du véhicule.

 

Coup d’œil sur le classement :

 

Au niveau de l’étape 2 :

1ers ex æquo :, équipage 165 et équipage 214 avec 1 point de pénalité

Suivent 3 ex aequo en 3éme place : équipage 201 puis 226 et enfin 237 avec 2 points de pénalité

 

Au classement général :

1ers ex æquo : équipage 165, qui remontent de 18 places et équipage 214 qui, eux, remontent de 19 places avec un total de 3 points de pénalité

3ème : équipage 226 avec 4 points de pénalité

 

La fin de la spéciale nous a tous fait regagner le macadam et nous pouvons maintenant ouvrir grand les portières du reste de cette journée torride.

Il est 13 heures, il est temps de se restaurer, on se regroupe par affinités tandis que d’autres préfèrent admirer la nature qui s’offre à nous.

 

Mais c'est aussi une date particulière pour la copilote de l'association "Quatre ailes dans les airs". Nul doute que Jessica se souviendra de ce jour très particulier...

 

"Bon anniversaire Jessica !"

 

 

 

Il est 13h30 quand tout le monde se retrouve à Taouz, à quelques encablures de Merzouga.

Nous y découvrons le grand bivouac du soir où nous nous reposerons après cet après midi magique qu’est le Green Day.

Ali Zahri, Nicolas Hennebel, fabienne Auclair, Patricia Frenillot et Lhou Bourchok nous y attendent

 

Ils sont les dynamiques représentants de l’association Azekka France Maroc (www.azekka.org). Fabienne est la présidente, Nicolas est le trésorier, Patricia un des membres actifs et Ali, l’ingénieur agronome.Quant à Lhou, j’y viens dans quelques lignes…

Entre leurs mains avisées, un merveilleux programme de solidarité entre la France et le Maroc, basé sur un système de voyageurs solidaires.

Explication :

L’idée d’un tourisme utile est née il y a 9 ans. Objectif : faire ramener, par des touristes isolés, des jeux, des jouets, des vêtements, des fournitures scolaires dans ces villages démunis du sud du Maroc… Tout ce qui, de prés ou de loin, peut manquer aux populations locales.

Très vite, cela prend de l’ampleur. Et les dirigeants structurent leur action sur 3 critères principaux : l’éducation, l’environnement, les voyages solidaires.

C’est sur l’environnement que la rencontre avec le Students Challenge, il y a 6 ans, percute et génère un formidable partenariat annuel.

L’idée, simple et grandiose : récolter des fonds, sous forme d’éco-points à 6 euros l’unité, en France, et les transformer en unités de palmiers plantés dans la région de Skoura (grand sud marocain) afin de lutter contre la désertification galopante et entretenir un rapport fort à la préservation de l’environnement.

La GREEN DAY est née et se déroule chaque année pendant le raid.

Voilà pour l’action.

 

Lhou, lui, dirige l’assocciation Hassi Labiad qui contrôle, assure le suivi et accompagne les bénéficiaires sur le terrain.

La boucle est constituée. Aussi, chaque année, les compétiteurs du Students Challenge, en amont de leur participation, engagent des actions dans l’hexagone afin de glaner le maximum d’éco points et amener ainsi, avec leur audace et leur combattivité, cet élan de générosité.

La GREEN CUP et la GREEN CUP SCHOOL naissent à leur tour pour récompenser les plus ardents d’entre eux.

 

Cette année, ce sont 1000 palmiers qui vont être plantés.

C’est l’Ecole Supérieure de Commerce de La Rochelle qui remporte la GREEN CUP SCHOOL avec 200 points.

C’est Marion DAVAL et Claire BRAGARD, équipage 138, qui remporte la GREEN CUP avec 190 points.

 

D’ailleurs, à titre de symbole fort, c’est la totalité du team du raid qui va planter, dans l’après midi, les palmiers dans les champs sélectionnés.

Sous un vent de fou qui charrie un sable fin pléthorique et aveuglant, les soixante dix raiders que nous sommes organisons une chaîne d’eau, creusons des trous adaptés, positionnons les jeunes arbres, soigneusement emmitouflés.

 

Heureux et épuisés nous revenons au bivouac. Enfin s’organise la remise des dons qui parachève cet après-midi de partage, d’échange et de communion entre peuples.

Parce que le Students Challenge, c’est aussi ça : une formidable épopée humaine. C’est beau. C’est bien. Ca réchauffe le cœur.

 

Les femmes du village ornent les peaux des équipages de savants motifs au henné traditionnel. Dommage que je sois allergique car j’aurais adoré en profiter. Elles ont une telle dextérité !

Pendant ce temps un match de foot amical occupait les hommes des deux communautés sous le regard bienveillant des autres habitants

 

Le soir tombe et nous profitons d’un gigantesque couscous symbole de la gratitude des habitants de Merzouga.

Une nouvelle nuit étoilée mais polaire s’annonce.